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Le Canadien de Montréal va de toute évidence terminer sa saison dans les catacombes de la Ligue, juste devant les pires équipes que sont Buffalo et Arizona.

 

L’état-major est rendu à la croisée du chemin.

Son équipe, sans joueur dominant et avec trop de patineurs sans grandes ressources, doit se résigner à liquider ses ouailles, qui ne seront plus là lorsque viendra le temps d’atteindre les sommets.

Depuis une décennie, plus encore, le propriétaire Geoff Molson s’est contenté d’un bref passage en séries éliminatoires et d’empocher les millions qui venaient avec.

Pendant  25 ans, les chrétiens de cette religion ont fait preuve d’une patience qui n’appartient qu’aux croyants reclus. Comme leur Veau d’Or ternit à vue d’œil, ils sont des milliers à avoir perdu la foi. Pire encore, on ne compte plus ceux qui abandonnent, s’estimant floués par une immense machine de marketing qui leur a vendu que du rêve année après année.

Trop c’est comme pas assez. Le propriétaire a étiré l’élastique à l’extrémité. Sa cupidité commence à lui faire faux bond. Geoff Molson a farci ses coffres-forts avec le Centre Bell, ses hot dog et toutes les bébelles qui se vendent comme des petits pains chauds.

Son équipe de hockey, sa brasserie et sa compagnie Evenko engrangent des dizaines de millions, ce qui fait l’affaire de tous les actionnaires et surtout de celui qui est majoritaire.

Durant tout ce temps, les inconditionnels se font gourer royalement par un spectacle de troisième ordre. Les matchs du Canadien sont d’un ennui insupportable. De plus en plus, les piètres performances ont l’effet de chloroforme. On ne peut se surprendre devant ces sièges inoccupés.

Le Canadien est une entreprise qui fait des affaires avant d’être une équipe de hockey. Les partisans payent des fortunes pour les voir, malgré un rendement digne d’un spectacle de salle paroissiale.

Plusieurs équipes de la Ligue nationale ont choisi, après quelques saisons désastreuses, de couler à pic pour repartir à zéro. Les Hawks de Chicago, les Penguins de Pittsburgh et les Kings de Los Angeles sont les meilleurs exemples.

Ces trois équipes ont remporté sept Coupes Stanley au cours des huit dernières années avec des Kane, Toews, Seabrook, Keith, Crawford, des Crosby, Malkin, Fleury, Letang puis des Kopitar, Doughty et Quick. Tous des choix de repêchage. Seuls les Bruins ont brisé ce cycle.

Le Canadien n’a jamais adopté cette politique préférant demeurer en milieu de peloton avec une chance de se classer en série de fin de saison. Parfois il a tout raté. Au cours des 11 dernières années, il a raté les séries trois fois et a été éliminé quatre fois dans une première confrontation.

 

L’erreur

Chaque fois, on greffait des joueurs usés à la corde dans l’espoir d’atteindre le maigre objectif. On a vu ce que cela a donné au cours des dernières années, particulièrement l’an passé lorsque l’on a embauché les Semin, Fleischmann, Ott, Martinsen, King, Davidson, Benn et qui encore...

Au début de la présente saison, on a réalisé que le directeur gérant, Marc Bergevin, n’avait pas compris la déception des supporteurs en accordant des contrats aux Streit, Hemsky, Morrow, Schlemko et Alzner, une nullité qui touche 23 millions pour cinq ans. Horreur ! La saison de cette équipe est terminée. Une saison gaspillée. Le Canadien va probablement terminer son calendrier en lambeaux.

Il n’aura pas eu besoin du moindre effort, ni de liquider des joueurs  pour dégringoler dans les bas-fonds. S’il veut creuser plus profond pour obtenir un surdoué, Claude Julien n’a qu’à donner le filet à  Antti Niemi plus régulièrement. De toute façon, la direction hockey a tellement raté son mandat que le Canadien se retrouvera dans une position avantageuse au repêchage de juin.

Mais cette fois, les recruteurs auront l’obligation de trouver les bons éléments qui pourront un jour faire grandir l’équipe. Ils n’auront plus le droit de repêcher des Leblanc, Tinordi, McCarron, Scherbak, des premiers et deuxièmes choix qui ne feront jamais le saut sous la grande tente.

Il faudra plus que cela. Bergevin doit dès maintenant passer à la cueillette de nombreux choix de repêchage en se débarrassant d’une partie de son équipe. Surtout que la prochaine cuvée de juniors sera particulièrement relevée.

Aucun joueur ne devrait faire partie de la catégorie des intouchables. Jonathan Drouin peut être l’exception bien qu’il soit l’une des plus grandes déceptions jusqu’ici chez le Canadien. Si Bergevin trouve preneur pour Price, Weber, Pacioretty, Galchenyuk, Gallagher, en retour de choix de repêchage, il devra oser.

La grande question : est-ce que Marc Bergevin est l’homme capable de mener à bien cette mission? Ses actions jusqu’ici avec le CH créent des doutes.

Cette tâche ne sera pas une marche dans un jardin de roses. Quel directeur gérant sera disposé à assumer les contrats complètement fous de Price et de Weber, dont la carrière sera terminée avant le retour de la Coupe Stanley à Montréal.

Le plus gros problème de Bergevin, c’est qu’il ne compte aucune future vedette dans les rangs mineurs de son organisation. Ni à Laval, où loge son équipe de la Ligue américaine, ni dans les rangs juniors.

C’est pourquoi il doit tout faire pour garnir sa banque de choix. Qu’il oublie les agents libres. Le seul super doué de ce groupe, en juillet prochain, sera John Tavares, et il choisira une équipe qui a des chances de se rendre au bout, s’il ne reste pas avec les Islanders.

 

Marc Bergevin est confronté à passer par le repêchage pour redonner du lustre à son équipe. Les échanges qu’il pourrait compléter devront surtout lui rapporter des choix, beaucoup de choix des rangs juniors. Point final !